Pourquoi le vote des Congolais-Américains est important

Congolese-Americans and the Importance of Voting 

par Lukogho KasomoLukogho Kasomo 23 Oct 2020

Cet article a été écrit par Lukogho Kasomo pour le compte de ‘Congolese-Americans for Biden’.

Plus jeune, j’accompagnais régulièrement mon père à des réunions et événements autour des relations États-Unis – Afrique. Il était particulièrement impliqué dans l’organisation et la mise en place d’un plaidoyer pour les intérêts de la République Démocratique du Congo (RDC). C’est ainsi que mon engagement civique est né. Ces interactions ont nourri mes intérêts pour la diplomatie, la gouvernance ainsi que la politique. Dès lors, je me suis fixée l’objectif de décrocher un poste au département d’État américain.

Eté 2011. Je commence en tant que collaboratrice au sein du Congrès (Washington DC) en nourrissant l’espoir d’obtenir un poste permanent dans le département d’État. Évoluer à DC au sein de l’establishment des affaires étrangères américaines s’est avéré difficile en tant que Congolaise-Américaine avec un réseau limité. Les processus de recrutement pouvaient se révéler relativement frustrants. Il semblait demeurer trop d’obstacles à l’accès à certains postes malgré que mon profil correspondait parfaitement aux exigences des postes proposés au sein des différentes agences américaines des affaires étrangères. 

Bien que je ne me sois pas retrouvée au département d’État, mon séjour à DC m’aura tout de même permis de commencer ma carrière en politique et en développement international à travers mes activités au sein du Congrès américain.

Mon travail en politique intérieure m’a ouvert les yeux sur les possibilités pour les Congolais d’influencer l’élaboration des politiques américaines. En tant que citoyen.ne.s à cheval sur plusieurs cultures, nous avons une compréhension innée de la diplomatie. Nos vies requièrent de se mouvoir et à s’adapter au sein de différents espaces dans une tentative de maintenir les connexions entre plusieurs mondes. D’un point de vue politique, nous avons conscience de la fragilité de la démocratie car nombre  d’entre nous ont quitté la RDC à cause de l’insécurité découlant directement d’une gouvernance médiocre. 

Ma famille a déménagé aux États-Unis depuis le Nord-Kivu au début des années 1990. Je n’oublierai jamais les appels nocturnes ininterrompus des membres de la famille fuyant la violence des milices rebelles et autres acteurs parrainés par des États. Plusieurs membres de ma famille sont morts à cause de l’instabilité en RDC. Mes parents ont décidé d’abandonner tous leurs repères derrière eux pour élever mes frères et sœurs et moi à l’étranger. J’ai la chance d’avoir grandi dans un pays où la sécurité et le respect des libertés civiles sont des acquis.

J’ai passé beaucoup de temps à voyager et à vivre en Afrique au cours des quatre dernières années. J’étais notamment au Togo pendant l’élection présidentielle de 2020. J’y ai constaté de mes propres yeux la peur et l’anxiété ressenties par les Togolais face aux possibles conséquences des résultats des élections. En tant qu’Américaine, j’ai été choquée par le niveau de méfiance et d’autocensure que j’ai pu observer chez les habitants. 

Pour la première fois, j’ai pu comprendre ce que ma famille en RDC avait dû ressentir lors des élections de 2018.

Mon séjour sur le continent a renforcé mon appréciation du système politique américain, notamment au niveau du droit de vote. Cette dernière année de l’administration Trump m’a convaincu qu’il me fallait replonger dans la politique de mon pays dans un engagement citoyen. 

Au cours de l’été, j’ai organisé, accueilli et participé à plusieurs événements pour informer la communauté congolaise aux États-Unis des enjeux de l’élection présidentielle de novembre prochain. Le citoyen en RDC n’est pas toujours en mesure de voter ou de participer à la vie politique du pays. Aussi, fort de mon accès à la sphère politique américaine, j’en suis venue à considérer mon rôle et ma capacité d’influence avec plus de détermination.

Je suis sincèrement convaincue que les Congolais en Amérique ont le pouvoir d’influer sur la façon dont la politique intérieure et étrangère est façonnée. Et ce, de façon significative. Cela se vérifie encore davantage pour les personnes et les familles vivant au Michigan, en Caroline du Nord et en Floride, des États que l’on sait décisifs dans la course à la Présidence.

Au-delà du vote, je milite pour que nous soyons plus nombreux à occuper des postes de pouvoir dans les gouvernements locaux, d’État et fédéraux aux États-Unis. Je suis déterminée à aider la prochaine génération à atteindre ces statuts de décideurs. Mes rêves et mes espoirs sont de voir la RDC représentée par des Congolais-Américains au département d’État, à la Cour Suprême et à la Maison-Blanche. 

L’importance du mois de novembre ne se limite pas à savoir qui deviendra président des États-Unis. L’accès à l’immigration, aux soins de santé, à l’emploi et à l’éducation sont en jeu et mis en danger par l’administration actuelle.

 Cette élection aura des répercussions importantes sur l’avenir des relations entre les États-Unis et la RDC pour les générations à venir. Je voterai pour le vice-président Biden en raison de son solide bilan en tant que leader mondial. Par l’intermédiaire de la plateforme Congolais-Américains pour Biden (Congolese4Biden), les équipes de campagne de Biden ont exprimé leur détermination à ouvrir le dialogue avec les électeurs congolais-américains, ce qui est sans précédent.

J’exhorte tous les Congolais-Américains à voter et à voter judicieusement. Votre vote dans cette élection peut potentiellement offrir davantage d’opportunités pour les Congolais aux États-Unis comme à l’étranger.

Par Lukogho Kasomo pour le compte de Congolese-Americans for Biden 

This article was written by Lukogho Kasomo on behalf of ‘Congolese for Biden’. 

Growing up, I often accompanied my father to meetings and functions on US-Africa relations. My father was actively involved in organizing and advocacy for the Democratic Republic of Congo (DRC) and introduced me to civic engagement. I became interested in diplomacy, governance, and politics through these interactions and, from then on, I set my ambitions on landing a role with the U.S. State Department.

In the summer of 2011, I ended up in Washington, DC, as a congressional fellow with the ultimate hope of landing a permanent role in the State Department. Navigating DC and the U.S.-foreign political establishment proved challenging as a Congolese-American with limited connections and I became frustrated with the recruitment process. There seemed to be too many barriers to entry for applicants such as myself, who would be prime candidates for roles with American foreign agencies.

While I did not end up in the State Department, my time in DC led me to start my career in politics and international development through the US Congress as a staffer.

My work in domestic politics opened my eyes to the opportunities for Congolese Americans to impact U.S. policymaking. As individuals who straddle two or often multiple cultures, we have an innate understanding of diplomacy. Our lives consist of weaving in and out of different spaces to maintain connections. We also have a unique sense of the fragility of democracy, as many of us left the DRC due to insecurity resulting from poor governance.

My family relocated to the States from North Kivu in the early 90s. I will never forget the endless late-night calls from family members fleeing violence from rebel militias and state-sponsored agents. Unfortunately, several of my family members have died as a result of the instability in Congo. My parents left all that they knew behind to raise my siblings and me abroad. I am privileged to have been raised in a country where safety and respect of one’s civil liberties are enshrined rights. 

Over the last four years, I have spent significant time traveling and living in Africa. Most recently, I was in Togo during their 2020 presidential election. I observed first-hand the fear and anxiety Togolese had over the possible results. As an American, I was shocked by the level of hesitancy and self-censorship demonstrated by the locals. But for the first time, I came close to understanding how my family in Congo must have felt during the 2018 election.

My time on the Continent reinforced my appreciation for the American political system and our right to vote. Observing the Trump administration’s over the last few years motivated me to jump back into U.S. politics and become civically engaged. Over the summer, I planned, hosted, and participated in several events to educate the Congolese community in the U.S. on the upcoming November presidential election. People in the DRC are not always able to vote or participate in the government. And I have come to take my role and influence more seriously as someone who has access to the American political establishment.

I believe Congolese Americans in America have the power to impact how American domestic and foreign policy is shaped significantly. This is especially true for the individuals and families living in Michigan, North Carolina, and Florida, all states that are key to determining the election outcome. 

Beyond voting, I want to see more of us in positions of power in local, state, and federal governments in the U.S. I am committed to helping the next generation attain those roles and become decision-makers. I hope to one day see the DRC represented by Congolese-Americans in the State Department, Supreme Court, and the White House.

The importance of November is more than just who gets to become President of the United States. Access to immigration, healthcare, jobs, and education are all at stake and limited under the current 

Administration. I believe this election will have a significant impact on the future of U.S.-DRC relations for generations to come. I will be voting for Vice President Biden because of his strong record as a global leader. Through Congolese-Americans for Biden, a potential Biden Administration has expressed openness to engaging with Congolese-American voters, which has been unprecedented. 

I urge all Congolese-Americans to vote and to vote wisely. Your vote in this election has the potential to expand opportunities for Congolese in the U.S. and abroad.

Lukogho Kasomoon on behalf of Congolese-Americans for Biden by

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